La solidarité sans limites : le travail et la main-d’œuvre à l’ère des crises croisées
Programme d’études du travail, l’université du Manitoba
Winnipeg, Manitoba
Du 3 au 5 juin, 2026
Contactez : [email protected]
Conference Fees
| Professeurs permanents ou à temps plein ou employés de syndicat | Les étudiants et les autres membres de la communauté | |
| Membres de l’ACETS | $150 | $0 |
| Non-membres | $300 | $60 |
Note
Adhésion et inscription : Les présentateurs acceptés doivent être membres de l’ACETS et s’être inscrits à la conférence avant le 1er mai 2026, sous peine d’être retirés du programme. Les non-membres sont les bienvenus à la conférence.
Registration

Le comité organisateur de la conférence invite les participants à soumettre leurs propositions pour la 12e réunion annuelle de l’Association canadienne d’études du travail et du syndicalisme (ACETS), qui sera organisée par le programme d’études sur le travail de l’université du Manitoba, à Winnipeg.
Le comité accueille favorablement les propositions sur tous les sujets qui portent sur le passé, le présent, et l’avenir des études sur le travail et l’emploi. Notre objectif est de créer un programme de conférence qui reflète le plus large éventail possible de thèmes et d’approches méthodologiques, théoriques et disciplinaires. Le comité accueille favorablement les propositions individuelles, de séries thématiques, de panels de plusieurs propositions, de tables rondes et d’ateliers. La participation de chercheurs issus du milieu syndical et communautaire est fortement encouragée.
« Une attaque contre un est une attaque contre tous. » Depuis plus d’un siècle, telle est la philosophie qui guide le mouvement ouvrier. Même si, parfois, les organisations syndicales n’ont pas toujours joint le geste à la parole, la solidarité reste le principe fondamental sur lequel repose le mouvement syndical. À l’heure actuelle, cependant, les crises croisées du capitalisme contemporain nous obligent à repenser, approfondir, et élargir notre engagement en faveur de la solidarité.
Cette année, le comité organisateur de la conférence encourage les participants à se pencher sur le thème de la solidarité et à s’interroger à nouveau sur la manière dont les luttes pour la justice économique et sociale nécessitent la création d’alliances au-delà des frontières.
La conférence de cette année se tiendra notamment à l’université du Manitoba, dont les campus et les espaces de recherche sont situés sur le territoire du Traité n° 1, les terres ancestrales des Anishinaabeg, des Ininiwak, des Anisininewuk, des Dakota Oyate, des Dénés et des Inuits, ainsi que sur la patrie nationale des Métis de la rivière Rouge. Il est particulièrement urgent de remettre en question le colonialisme au Manitoba, où une personne sur cinq s’identifie comme autochtone. Le comité organisateur encourage donc les participants à réfléchir au potentiel d’une union entre les luttes pour les droits des travailleurs, la résistance autochtone et la lutte contre le colonialisme.
Dans un esprit de renforcement de solidarité, les propositions de panels et d’articles pourraient aborder les questions suivantes :
- Comment le capitalisme contemporain a-t-il transformé les conditions de la solidarité entre les travailleurs ?
- Comment le capital a-t-il sapé, déformé ou réorganisé le pouvoir et la solidarité des travailleurs ?
- Comment les campagnes anti-immigrés, anti-trans, « anti-woke » et/ou autres campagnes réactionnaires actuelles affectent-elles la solidarité de la classe ouvrière ?
- Comment les travailleurs peuvent-ils renforcer leur pouvoir et leur solidarité à différentes échelles ?
- De quelle manière le capitalisme a-t-il ouvert de nouvelles possibilités pour renforcer la solidarité entre les travailleurs, les communautés et les peuples ?
- Comment les luttes pour la reconnaissance du travail non-rémunéré et de la reproduction sociale poussent-elles le mouvement syndical à élargir sa conception de la solidarité sociale ?
- Comment le mouvement syndical peut-il tisser des liens de solidarité plus forts avec les peuples autochtones et les autres groupes qui luttent contre le colonialisme ?
- Comment les luttes anticolonialistes peuvent-elles être comprises comme des combats pour les conditions et la forme de la reproduction sociale ?
- En quoi élargir notre conception de la solidarité peut-il nous aider à faire face à la crise climatique et à la nécessité d’une transition juste ?
Les participants ne sont pas tenus de se limiter à la liste de questions ci-dessus. Les contributions peuvent également aborder d’autres domaines qui préoccupent particulièrement les travailleurs, les syndicats, les militants et tous ceux qui œuvrent pour un monde plus juste et plus équitable, tels que :
- L’impérialisme, le colonialisme et la solidarité syndicale
- Le militantisme syndical chez les jeunes et les étudiants
- Les luttes et critiques concernant la famille, le travail non-rémunéré, et la reproduction sociale
- Les luttes antiracistes et intersectionnelles et leur relation avec le travail
- Les luttes des travailleurs et des syndicats pour garantir les retraites, le chômage, l’invalidité et d’autres formes de sécurité économique
- La technologie, le travail basé sur des applications et d’autres formes de travail numérique
- La santé et la sécurité au travail et la justice pour les personnes handicapées
Nous accueillons les soumissions de chercheurs issus du milieu universitaire, syndical, et communautaire. Tous les participants doivent être membres en règle de l’ACETS au moment de la conférence.
Les propositions de panels, de tables rondes, et d’ateliers doivent être soumises avant le 15 décembre 2025.
Les soumissions d’articles individuels doivent être envoyées avant le 15 janvier 2025.
Les soumissions et toute autre question concernant la conférence peuvent être envoyées à [email protected].

Conférencier principal : Cedric de Leon
« Articuler la crise, renouveler le front uni »
Cedric De Leon est professeur de sociologie et d’études du travail à l’université du Massachusetts, à Amherst. Il a publié six ouvrages. Son dernier ouvrage, Freedom Train, publié chez University of California Press, met l’accent sur le rôle des organisations syndicales noires indépendantes dans la déségrégation des syndicats américains de 1917 à 1968. Il écrit sur les questions raciales, le travail et la politique des partis, et enseigne la théorie sociale, la sociologie politique, la syndicalisation, et l’histoire du mouvement syndical américain, ainsi que le travail et l’intelligence artificielle.
De 2018 à 2022, Cedric a dirigé le Labour Center de l’UMass Amherst, le premier programme américain d’études du travail de cycle supérieur axé sur les travailleurs. Il a été la première personne de couleur à occuper ce poste. Avant de devenir universitaire, Cedric a été dirigeant élu et organisateur syndical au sein du mouvement syndical américain. Il est né et a grandi dans la communauté ouvrière immigrée de St. Jamestown, à Toronto.
Les marxistes ont tendance à théoriser les crises imbriquées comme prenant naissance dans l’économie et se propageant pour déclencher des crises au sein de l’État, du système partisan et de l’idéologie. On parle alors de « crise fiscale de l’État » ou de « crise d’hégémonie », où le peuple retire son consentement à être gouverné et où l’État réagit par la violence pour obtenir l’obéissance des subalternes par d’autres moyens. Ces théories ne rendent pas pleinement compte de la signification contemporaine des crises imbriquées, qui impliquent non seulement une crise du néolibéralisme et de la démocratie libérale, comme on pourrait s’y attendre dans les milieux marxistes, mais aussi une crise environnementale et une crise de prise de conscience raciale, entre autres. Parallèlement, ceux qui ont théorisé la résistance au capitalisme contemporain ont plaidé pour une alliance par-delà les inégalités et les luttes multiples, qu’on l’entende comme le « front populaire » d’antan, les « chaînes d’équivalence » à la Laclau et Mouffe, la « multitude » de Hardt, Negri et du Forum social mondial, ou le concept féministe noir d’intersectionnalité. Dans cette présentation, je perçois à la fois les crises imbriquées de notre époque et la résistance qui s’y déploie comme le fruit d’une articulation : d’une part, une économie politique cimentée par des compromis avec les mouvements populaires de travailleurs, de femmes, de personnes LGBTQ+ et de personnes racisées ; d’autre part, la renaissance d’un front uni rassemblant celles et ceux que les promesses non tenues du passé ont trahis et marginalisés. Je soutiens que l’intersectionnalité n’est pas simplement une éthique que le mouvement ouvrier doit adopter pour ne pas reproduire les exclusions qui ont historiquement sapé la solidarité de classe. L’intersectionnalité est plutôt une réponse nécessaire à l’articulation particulière de l’économie politique néolibérale et à son effondrement.

