État des lieux et avenir des emplois verts : politiques, stratégies et alternatives
Conférence hybride – 6-7 décembre 2024
Université du Québec en Outaouais (Gatineau (Québec) – en présentiel)
Appel à contributions
La transition écologique pose des défis pour l’avenir du monde du travail. D’une part, la transition énergétique affecte les industries intensives en carbone (ex. énergies fossiles, automobile à combustion, acier) qui sont sujettes à des fermetures, des restructurations et des pertes d’emplois. Si les emplois manufacturiers associés à ces secteurs ont été historiquement mieux rémunérés et davantage syndiqués que la moyenne, les programmes de requalification ne sont guère gage de sécurité d’emploi, de salaire décent et de droits syndicaux. D’autre part, la « modernisation » écologique s’accompagne de l’émergence de secteurs « verts », allant des énergies renouvelables au transport électrifié. Les emplois de ces secteurs sont néanmoins souvent marqués par des salaires et des taux de syndicalisation en-deçà de ceux observés dans les industries fossiles. De plus, les emplois existants sont appelés à s’adapter à des changements climatiques marqués par des canicules, des catastrophes naturelles, de nouvelles maladies et de nouveaux standards de protection de l’environnement.
Ces enjeux prennent une nouvelle actualité alors que les gouvernements nord-américains, européens et est-asiatiques adoptent de nouvelles politiques industrielles vertes. Tout en visant à accélérer la décarbonisation des économies, ces politiques promettent également de bons emplois verts. Devant les tendances passées, il est incertain si ces politiques paveront la voie à la création de bons emplois verts plutôt que de perpétuer les tendances à la segmentation du marché du travail caractérisées par l’expansion du travail précaire et à bas salaire.
Devant les limites des politiques existantes, des conflits sociaux ont cours entourant les relations d’emploi vert et la nature des régimes de travail et d’État-providence, dont l’issue pourrait bien déterminer si la transition écologique sera juste ou pas. D’hier à aujourd’hui, différentes visions de la « transition juste » s’affrontent, opposant celles promues par les gouvernements, le patronat et les syndicats. Ici, la notion même d’emploi vert fait débat, se limitant soit aux secteurs manufacturiers et de construction ou pouvant s’étendre aux services et au travail de soin souvent dévalorisés par le secteur privé et les politiques dominantes. Ces visions peuvent soit, différer à l’intérieur des paramètres d’un capitalisme « vert », ou considérer que l’émancipation du travail et de la nature dépendent d’une profonde remise en question de nos modes de production et de consommation.
Afin d’éclairer les dynamiques historiques tant passées que récentes sur ces enjeux, ce colloque invite des contributions tant théoriques, que des études de cas et comparatives, qui abordent l’un des thèmes suivants :
- L’effet des politiques économiques et environnementales sur les emplois verts;
- L’évolution des conditions de travail dans un secteur « vert » spécifique;
- Les mesures de transition dans les secteurs fossiles et à forte intensité carbone;
- Les différentes conceptions de la transition juste;
- L’extractivisme “vert” et les défis d’une transition juste dans le Sud global;
- Les modèles d’affaires dans les secteurs « verts »;
- Les différentes stratégies des mouvements syndicaux face à la transition écologique;
- Réimaginer la nature du travail dans une perspective
Format
Cette conférence se tiendra en mode hybride les 6 et 7 décembre prochain, avec sa portion en présentiel à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) à Gatineau (Québec).
Date limite pour les propositions
Les résumés de communication individuelle (entre 250 à 500 mots maximum) doivent être envoyés au plus tard le 22 septembre à l’adresse suivante: [email protected]. La conférence est aussi ouverte à des propositions de panels déjà formés (1000 à 2000 mots maximum).
Comité organisateur et appuis officiels
Cette conférence est co-organisée et financée par le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) et le Trade Unions and Labour Environmentalism Study Network (TULE). Cet événement est aussi financé par une Subvention institutionnelle du CRSH et par l’Association canadienne d’études sur le travail et le syndicalisme (ACETS).
Comité organisateur
Christian Pépin (Chercheur postdoctoral UQO, membre du CRISES et de TULE) Vincent Collins (Doctorant à l’Université York, membre de TULE)
Evelyn Dionne (Doctorante à l’Université Laval, membre de TULE) Jonathan Michaud (Doctorant à l’Université de Montréal, membre de TULE)


